Le jeune homme qu’on surnommait Bengali
- Louis-René des Forêts -





Bien que l’œuvre de Louis-René des Forêts (1918-2000) ne compte que dix volumes, elle est reconnue comme l'une des plus importantes de la deuxième moitié du XXe siècle.

Louis-René des Forêts a tout fait pour effacer les repères biographiques. On sait cependant qu'il fut tenté par une carrière navale, qu'il fit des études de droit et de sciences politiques bien que très tôt fasciné par la musique. Mobilisé en 1939, il s'installe dans le Berry où, tout en écrivant son premier roman, Les mendiants, il s'engage dans la Résistance. En 1946, Le bavard, aujourd'hui considéré comme son plus grand livre, est un échec total. De 1946 à 1951 il travaille à la rédaction d'un long roman, Le voyage d'hiver, qu'il abandonnera finalement. Il faut attendre 1960 pour que paraisse La chambre des enfants, un recueil de nouvelles qui inclut notamment "Un malade en forêt". S'ensuit un silence éditorial de vingt-sept ans, à peine interrompu par de rares publications en revues, dont on ne sait toujours aujourd'hui s'il s'explique uniquement par le drame intime (sa fille meurt accidentellement en 1961, à l'âge de quatorze ans) ou plus fondamentalement par l'interrogation originelle qui sous-tend tout son œuvre : comment parler peut-il être ?
Louis-René des Forêts rompt le silence au milieu des années quatre-vingt en faisant paraître les premiers fragments de son autobiographie très fragmentaire et par essence inachevée, Ostinato.

« Il n’y a pas de meilleure introduction à l’œuvre de Louis-René des Forêts que la lecture du Jeune homme qu’on surnommait Bengali. Publiée en décembre 1943 dans Le Livre des Lettres, la nouvelle fut légèrement corrigée par l’auteur avant d’être rééditée dans le numéro 6/7 des Cahiers du Temps qu’il fait (1991). C’est la version de ce volume aujourd’hui épuisé, consacré à l’œuvre de des Forêts, qui est reprise en ce livre. Quand il publie sa nouvelle, Louis-René des Forêts a vingt-cinq ans. La même année paraît son roman Les Mendiants.
Selon l’épigraphe du récit, la solitude peut être “douce et amère”. Empruntée au dramaturge Thomas Heywood, la citation n’est pas un ornement mais l’indice d’une connivence entre l’auteur et le narrateur. Le nom de Wood évoque les “Forêts”. Plus tard, en 1988, Louis-René des Forêts attribuera ses poèmes à un hétéronyme, “Samuel Wood”. L’épigraphe ne joue pas seulement un rôle identique à celui d’une signature ; elle porte sur la substance du récit, sur la façon dont nous sommes constitués de couples antagonistes, la crainte et l’espoir, sur la façon dont le désastre peut être heureux. Le jeune homme qu’on surnommait Bengali constitue une méditation sur l’agression et l’affection, sur l’enfermement et la liberté, la parole qui blesse et celle qui exalte. Repris dans Le Bavard (1946), approfondis et diversifiés dans La Chambre des enfants (1960), ces thèmes ont pour unité la question de la vérité de la parole, et par là de la capacité qu’elle a, ou non, de nous guérir de nos contradictions. À quelles conditions de réclusion et de solitude la parole rabâcheuse devient-elle heureuse et libératrice ? Et pourquoi la poésie, qui est la forme chantée de la parole, nous porte-t-elle à considérer comme ouverte notre condition ? C’est une des questions fondamentales que se pose Louis-René des Forêts dans ses œuvres. »
(Extrait de la postface de Jean Roudaut)





BIbliographie

Les Mendiants, Gallimard, 1943 ; édition définitive, 1986.
Le Bavard, Gallimard, 1946 ; coll. L'Imaginaire, 1979.
La Chambre des enfants, Gallimard, 1960 ; coll. L'Imaginaire, 1983.
Les Mégères de la mer, Mercure de France, 1967.
Un malade en forêt, Fata Morgana, 1985.
Voies et détours de la fiction, Fata Morgana, 1985.
Poèmes de Samuel Wood, L'Ire des Vents, 1986 ; Mercure de France, 1988.
Le Malheur au Lido, Fata Morgana, 1987.
Face à l'immémorable, Fata Morgana, 1993.
Ostinato, Mercure de France, 1997.
Pas à pas jusqu'au dernier, Mercure de France, 2001.



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