Le cheval
- Claude Simon -



Portrait le tricheur tout
Claude Simon écrivant Le tricheur, D.R.


Claude Simon, prix Nobel de Littérature 1985, est un des plus grands écrivains du XXe siècle.

Né à Madagascar le 10 octobre 1913, mort à Paris le 6 juillet 2005, il a vécu au rythme des graves événements du XXème siècle dont son œuvre se fait l'écho. Claude Simon a neuf mois lorsque son père, Louis Simon, officier du 24e Régiment d'Infanterie Coloniale meurt sur le front, en août 1914. Il a douze ans lorsque sa mère disparaît, qu'il a vu dépérir, minée par un cancer. L'orphelin connaît cependant une enfance heureuse, entouré par ses deux familles dont il reçoit une éducation contrastée : au Sud, à Perpignan, la famille maternelle, petite noblesse de province, pieuse, aisée, propriétaire viticole. Au Nord, à Arbois, la famille paternelle, c'est-à-dire ses tantes, les trois demoiselles Simon, dont deux institutrices, issue de la modeste paysannerie du Jura, farouchement athée.

Pupille de la nation, Claude Simon fait ses études au Collège Stanislas à Paris, puis s'installe à Montparnasse dans les années trente, où il commence une carrière de peintre (influencé par les surréalistes puis par Picasso) et de photographe (initié par Philippe Halsmann). En septembre 1936, à Barcelone alors aux mains des anarchistes , il observe la révolution espagnole. Au printemps 1937, il voyage jusqu'en URSS à travers l'Europe où il note déjà les préparatifs du conflit armé. En mai 1940, engagé dans la cavalerie, brigadier au 31e Dragons que l'on envoie combattre chevaux contre blindés, Claude Simon est un des rares survivants de son régiment, sacrifié aux impératifs de la stratégie militaires. Prisonnier en Allemagne,il s'évade, abrite pendant l'Occupation, dans son appartement parisien, un service de renseignements de la Résistance. La perte tragique de sa première femme à la fin de la guerre, puis la tuberculose qui le terrasse au début des années cinquante, viennent ajouter aux épreuves historiques des souffrances intimes. En 1960, il s'implique, au point d'être inculpé, dans la rédaction de la Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie (Manifeste des 121). La renommée grandissante de son œuvre littéraire (qu'il a commencé à écrire en 1938), le conduit ensuite à voyager dans le monde entier.

Les romans de Claude Simon ne sont jamais une autobiographie. S'ils sont abondamment nourris des événements vécus, c'est pour ouvrir l'expérience personnelle à la vision de l'Histoire collective, et donner à sa phrase le souffle capable d'empathie avec les destinées humaines dont il fait le récit. Il cherche des formes d'écriture qui puissent capter l'intensité des sensations et restituer le chaotique magma des émotions qui agitent les êtres.
Claude Simon est aujourd'hui plus que jamais notre contemporain. Son œuvre, qui conjugue,dans une langue somptueuse, sensualité de l'élan vital, violences vécues, deuils, exacerbation du sentiment, finitude et réflexion intérieure, fait de la littérature une leçon de vie.

Pour en savoir plus, lire sa biographie par Mireille Calle-Gruber, Claude Simon, une vie à écrire, Seuil, 2011.


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Le tricheur, Éditions du Sagittaire, 1945.
La corde raide, Éditions du Sagittaire, 1947.
Gulliver, Calmann-Lévy, 1952.
Le sacre du printemps, Calmann-Lévy, 1954.
Le vent. Tentative de restitution d’un retable baroque, Éditions de Minuit, 1957.
L’herbe, Éditions de Minuit, 1958.
La route des Flandres, Éditions de Minuit, 1960.
Le palace, Éditions de Minuit, 1962.
Femmes (sur vingt-trois peintures de Joan Miró), Éditions Maeght, 1966.
Histoire, Éditions de Minuit, 1967.
La bataille de Pharsale, Éditions de Minuit, 1969.
Orion aveugle, Skira, 1970.
Les corps conducteurs, Éditions de Minuit, 1971.
Triptyque, Éditions de Minuit, 1973.
Leçon de choses, Éditions de Minuit, 1975.
Les Géorgiques, Éditions de Minuit, 1981.
La chevelure de Bérénice, Éditions de Minuit, 1984.
Discours de Stockholm, Éditions de Minuit, 1986.
L’invitation, Éditions de Minuit, 1987.
Album d’un amateur, Rommerskirchen, 1988.
L’acacia, Éditions de Minuit, 1989.
Photographies, 1937-1970, Éditions Maeght, 1992.
Correspondance avec Jean Dubuffet, L’Échoppe, 1994.
Le Jardin des Plantes, Éditions de Minuit, 1997.
Le tramway, Éditions de Minuit, 2001.
Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2006.
Archipel et Nord, Éditions de Minuit, 2009.
Quatre conférences, Éditions de Minuit, 2012.
Œuvres, tome II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2013.

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